1) Avant les implants : l’époque des bricolages (fin XIXe – années 1950)
Le désir d’augmenter ou de reconstruire un sein ne date pas d’hier. Au départ, la médecine n’a pas de “prothèse” fiable, donc on tente des solutions de fortune.
- 1890–1900 : premières tentatives de reconstruction/augmentation avec des tissus du corps (greffe de graisse/tissu), dans une logique de “remplir” un volume manquant.
- Début XXe siècle : période sombre des injections (paraffine, huiles, substances diverses). Sur le moment ça peut donner du volume, mais avec le temps apparaissent des nodules, inflammations, migrations, infections… et parfois des complications sévères.
- Années 1950 : essais d’“éponges” ou matériaux poreux implantés. Le corps réagit souvent en “enfermant” le matériau : durcissement, déformation, inconfort.
Cette période crée une règle : pour que ça marche, il faut un dispositif biocompatible, stable, et prévisible.
2) 1962 : naissance de l’implant moderne (silicone-gel)
Le vrai départ industriel de l’augmentation mammaire par prothèses, c’est le début des années 60 avec les premiers implants modernes :
- une enveloppe souple (silicone élastomère),
- un contenu (gel de silicone) censé imiter le toucher du sein.
À partir de là, l’augmentation mammaire devient une chirurgie reproductible, et la discipline se structure.
3) Années 1960–1970 : alternative “saline” et premières générations
Rapidement, apparaît une autre idée : remplir une enveloppe avec du sérum physiologique (saline).
- Avantage : si ça fuit, le liquide est absorbé par le corps.
- Inconvénients : toucher parfois moins naturel, risque de “plis” visibles selon les morphologies.
En parallèle, les premières générations d’implants silicone évoluent : amélioration des enveloppes, des valves, des formes… mais les complications commencent à être cataloguées.
4) Années 1970–1980 : la grande question de la “coque”
Un phénomène devient central : la capsule.
Le corps fabrique naturellement une fine membrane autour de tout implant. Chez certaines patientes, cette capsule se rétracte : c’est la “coque” (sein dur, douloureux, déformé).
La chirurgie cherche donc des solutions :
- changer les plans de pose,
- modifier les surfaces d’implants,
- revoir les techniques opératoires et les règles d’asepsie,
- mieux sélectionner les patientes.
5) Années 1980–1990 : course au naturel… puis inquiétudes sanitaires
Pour améliorer le toucher et la souplesse, certaines conceptions d’implants deviennent plus fines et plus “soft”. Mais cela ouvre la porte à :
- plus de ruptures,
- plus de diffusion de micro-particules,
- davantage de débats médicaux et médiatiques.
À ce moment-là, la prothèse mammaire n’est plus seulement un sujet esthétique : c’est un sujet de santé publique et de réglementation.
6) 1992 : tournant réglementaire et méfiance (surtout aux États-Unis)
Le début des années 90 marque un grand coup de frein dans certains pays : le silicone-gel est fortement restreint/encadré, le temps d’évaluer les risques à long terme.
Conséquence : pendant plusieurs années, beaucoup de chirurgiens se tournent davantage vers le saline et les suivis deviennent plus stricts.
7) Années 2000 : renaissance avec les “gels cohésifs”
Les implants évoluent énormément :
- gels plus cohésifs (ils “tiennent” mieux),
- enveloppes plus solides,
- meilleures normes industrielles,
- traçabilité, notices, contrôles.
L’objectif est double :
- un rendu plus naturel, plus stable dans le temps,
- une meilleure sécurité (rupture moins “dramatique”, comportement plus prévisible).
8) Années 2010 : débat sur les textures et montée du suivi long terme
Deux thèmes deviennent majeurs :
- Texture vs lisse : les implants texturés ont été utilisés pour stabiliser et limiter certaines coques/rotations, mais des alertes de sécurité sur le long terme vont pousser certains pays à restreindre/retirer certains modèles.
- Suivi : la culture du “je pose et on oublie” disparaît. On parle davantage de contrôle, d’imagerie si besoin, et de réinterventions possibles au cours de la vie.
9) Années 2020 : implants plus “raisonnés” et chirurgie plus personnalisée
La tendance récente est moins “standardisée” et plus sur-mesure :
- volumes souvent plus adaptés à la morphologie,
- recherche de naturel et de mobilité (“soft look”),
- importance du plan de pose (sous-glandulaire, sous-musculaire, dual plane),
- prise en compte du style de vie (sport, posture, grossesse future),
- discussion plus ouverte sur : cicatrices, risques, durée de vie, éventuels échanges.
10) Ce que cette histoire a changé dans la pratique d’aujourd’hui
En résumé, l’histoire de l’implant mammaire, c’est une progression en 4 axes :
- Biocompatibilité : moins de réactions “hostiles”.
- Solidité : enveloppes et gels plus fiables.
- Naturel : meilleure cohérence avec la morphologie.
- Sécurité/traçabilité : réglementation, registres, suivi, information patient.
Source : https://www.aesthetics-ge.ch/fr/traitements/chirurgie-des-seins/augmentation-mammaire-geneve/

